La déglutition atypique est une façon d’avaler où la langue pousse contre les dents ou se glisse entre elles, au lieu de se plaquer contre le palais. Normale chez le nourrisson, elle devient atypique au-delà de la petite enfance. Elle étroitise le palais et déplace les dents. Elle se corrige par une rééducation chez l’orthophoniste, avec l’orthodontiste.
Rédigé pour le cabinet du Dr Maxime Fazaiee, orthodontiste à Vauréal, docteur en chirurgie dentaire (Paris V) spécialisé en orthopédie dento-faciale. Sources : fiche de la Société Française d’Orthopédie Dento-Faciale (SFODF), 2018 et La Revue du Praticien, 2019.
Les repères de la déglutition atypique chez l’enfant
Une langue qui pousse en avalant, une rééducation chez l’orthophoniste, un suivi par l’orthodontiste. Ce tableau résume ce qu’il faut savoir.
| Repère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Définition | Poussée ou interposition de la langue entre les arcades dentaires en avalant, sans contact des dents, avec contraction des lèvres et des joues |
| Âge | Normale chez le nourrisson et le très jeune enfant, atypique au-delà |
| Signes | Langue visible entre les dents, zozotement, bouche ouverte, dents du haut penchées en avant |
| Conséquences possibles | Arcade supérieure étroite, béance à l’avant, incisives penchées vers l’avant |
| Rééducation | Chez l’orthophoniste, en général 12 séances, pas avant la sortie des incisives définitives |
| Rôle de l’orthodontiste | Bilan, suivi des dents et des mâchoires, appareil si nécessaire |
Avaler : ce que fait la langue
Une déglutition mature se reconnaît à la langue : elle se plaque contre le palais, juste derrière les incisives du haut, et les dents se touchent. Chez le nourrisson, la langue avance entre les gencives pour téter, et c’est normal. La transition se fait avec l’alimentation solide et l’arrivée des dents définitives.

L’enjeu vient de la répétition. Selon la fiche de la SFODF, on déglutit environ 1 500 à 2 000 fois par 24 heures. Une poussée de langue, même légère, s’exerce donc des milliers de fois par jour sur les mêmes dents et sur le palais. C’est ce qui fait bouger les dents et modifie la forme de la mâchoire.
Les signes qui doivent alerter
Aucun signe ne suffit seul. Plusieurs ensemble justifient un bilan.
- La langue est visible entre les dents quand l’enfant avale ou parle, ou elle pousse contre les incisives.
- Les lèvres et les joues se contractent fortement pour avaler, et les dents ne se touchent pas.
- Il zozote ou prononce mal certains sons.
- Il respire la bouche ouverte, avec une langue basse au repos. Le lien est développé dans notre article sur la position de la langue au repos.
- Il suce encore son pouce ou une tétine après 3 ans. La Revue du Praticien en fait un signe d’alerte fonctionnel.
- Les dents de devant ne se touchent pas (béance), ou les incisives du haut se penchent vers l’avant.
Les causes
La déglutition infantile persiste quand quelque chose empêche la maturation. Une succion prolongée du pouce ou de la tétine maintient la langue en avant. Une respiration par la bouche laisse la langue en position basse. Un frein de langue restrictif peut aussi limiter sa mobilité, ce que le bilan vérifie. Corriger l’effet sans la cause ne tient pas : l’orthodontiste cherche donc l’origine avant de proposer un traitement.
Les conséquences sur les dents et le palais
Une poussée de langue qui dure déforme la mâchoire supérieure. La fiche de la SFODF cite un développement insuffisant du maxillaire supérieur, une béance antérieure, une arcade supérieure étroite et des incisives penchées vers l’avant. La Revue du Praticien ajoute des désordres de la mastication, de la respiration et de l’articulation de la mâchoire, ainsi que des problèmes dentaires et parodontaux.

Un palais étroit se corrige par une expansion palatine chez l’enfant. Mais la langue doit ensuite tenir sa place, sinon le résultat se referme. D’où le double travail : la rééducation et l’appareil. Le manque de place qui en découle explique aussi certaines dents qui poussent de travers.
Qui fait quoi : orthodontiste, orthophoniste, ORL
- L’orthodontiste pose le diagnostic, mesure l’effet sur les dents et les mâchoires, et traite avec un appareil si nécessaire. Il vous oriente vers l’orthophoniste quand la rééducation est utile.
- L’orthophoniste rééduque la langue et la déglutition. La fiche de la SFODF précise que la correction exige cette rééducation.
- L’ORL intervient si l’enfant respire mal par le nez ou ronfle. Une langue ne trouve pas sa place dans une bouche qu’on ne peut pas fermer.
Le cabinet du Dr Fazaiee propose aussi Myobrace, un traitement pré-orthodontique préventif à base d’appareils amovibles portés 1 à 2 heures le jour et toute la nuit. Il corrige les mauvaises habitudes de la langue et des lèvres, guide le développement de l’arcade et prépare l’alignement.

La rééducation : quand, combien de temps, comment
La rééducation vise la prise de conscience de la langue : où elle se place, comment elle avale. La fiche de la SFODF précise qu’elle ne doit pas commencer avant l’éruption des incisives permanentes, soit vers 6 à 8 ans, et compte en général 12 séances. Le travail en cabinet ne suffit pas : l’enfant s’entraîne chaque jour à la maison, et les parents l’encouragent.
Un enfant plus petit relève d’abord de l’observation. Il consulte à partir de 6-7 ans pour un premier bilan orthodontique, plus tôt si un signe d’alerte apparaît.
Les questions des parents
À quel âge la déglutition atypique devient-elle un problème ?
La déglutition infantile est normale chez le nourrisson et le très jeune enfant, puis laisse place à la déglutition mature. Quand la poussée de langue persiste avec l’arrivée des dents définitives, vers 6 à 8 ans, elle devient un motif de bilan orthodontique et de rééducation.
Quelles sont les causes de la déglutition atypique ?
La déglutition infantile persiste quand la maturation est gênée : succion prolongée du pouce ou de la tétine, respiration par la bouche avec une langue basse, ou frein de langue restrictif. Le bilan cherche la cause, car corriger l’effet sans la cause ne tient pas dans le temps.
Quels sont les symptômes d’une déglutition atypique ?
La langue apparaît entre les dents ou pousse contre elles quand l’enfant avale, les lèvres et les joues se contractent, l’enfant zozote ou respire la bouche ouverte. Côté dents : béance à l’avant, incisives du haut penchées en avant, palais étroit. Un seul signe ne suffit pas, le bilan tranche.
Comment corriger la déglutition atypique ?
Par une rééducation de la langue chez un orthophoniste, associée au suivi de l’orthodontiste. Selon la fiche de la SFODF, la rééducation vise la prise de conscience du placement de la langue et compte en général 12 séances. L’orthodontiste traite les conséquences sur les dents et les mâchoires.
Quels sont les exercices pour la déglutition atypique ?
L’orthophoniste choisit les exercices : placer la pointe de la langue sur le palais derrière les incisives, avaler la salive lèvres détendues et dents en contact, muscler la langue. Ils se font chaque jour à la maison. Faites-les d’abord valider par le professionnel, qui vérifie le geste.
Un orthophoniste peut-il aider à rééduquer la langue ?
Oui, c’est son rôle. La fiche de la SFODF indique que la correction passe par une rééducation par l’orthophoniste, centrée sur la prise de conscience de la langue. Elle ne commence pas avant la sortie des incisives définitives, vers 6 à 8 ans.
Combien de temps dure une rééducation linguale ?
La SFODF parle en général de 12 séances. La durée réelle dépend de l’âge de l’enfant, de la régularité des exercices à la maison et de la cause de départ. Le professionnel réévalue la déglutition au fil des séances et tient l’orthodontiste au courant des progrès.
Quelle est la différence entre un orthophoniste et un orthodontiste ?
L’orthophoniste rééduque les fonctions : parole, déglutition, position de la langue. L’orthodontiste diagnostique et corrige la position des dents et des mâchoires, avec ou sans appareil. Pour une déglutition atypique, les deux travaillent ensemble : l’un agit sur la langue, l’autre sur ses conséquences.
Quel spécialiste pour la déglutition ?
Pour une déglutition atypique de l’enfant, on consulte un orthodontiste pour le bilan et un orthophoniste pour la rééducation. Un ORL intervient si l’enfant respire mal par le nez. Les troubles de la déglutition liés à une maladie neurologique ou à une dysphagie relèvent d’autres spécialistes.
Est-il trop tard pour commencer une thérapie orthophonique à 7 ans ?
Non, c’est plutôt le bon moment. La SFODF recommande de ne pas débuter la rééducation avant l’éruption des incisives définitives, vers 6 à 8 ans. À 7 ans, l’enfant comprend les consignes et la croissance des mâchoires aide encore la correction.
Quelle est la cause d’une langue qui pousse sur les dents ?
Une langue qui pousse sur les dents traduit une déglutition atypique ou une langue basse au repos. Elle vient d’une habitude de succion, d’une respiration par la bouche ou d’une mobilité limitée. Notre article sur la position de la langue au repos explique le mécanisme.
Comment savoir si mon enfant a besoin d’un orthophoniste ?
Trois situations le justifient : la langue s’interpose entre les dents en parlant ou en avalant, l’enfant zozote, ou il respire la bouche ouverte. Le bilan de l’orthodontiste oriente vers l’orthophoniste quand la langue est en cause. Un zozotement seul justifie aussi un bilan orthophonique.
Qu’est-ce que la protrusion de langue ?
La protrusion de langue est la poussée de la langue vers l’avant, contre ou entre les dents, qui définit la déglutition atypique. Normale chez le nourrisson, elle peut déplacer les incisives et laisser une béance à l’avant quand elle persiste chez l’enfant plus grand.
Prendre rendez-vous à Vauréal
Le Dr Maxime Fazaiee reçoit les enfants au Cabinet dentaire du Golf, 1 place de l’Abbé Pierre, 95490 Vauréal, du lundi au jeudi de 9h30 à 19h30 et le samedi de 9h30 à 19h. Pour réserver un bilan : 01 34 46 34 71 ou Doctolib. Les questions courantes figurent aussi dans notre foire aux questions, et l’ensemble des soins sur la page orthodontie pour enfants.
La langue travaille des milliers de fois par jour : autant qu’elle travaille du bon côté.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique. Chaque enfant est différent : seul un bilan chez un orthodontiste permet d’évaluer la situation du vôtre.